Santé

Reconnaître les troubles de langage dès la maternelle

Outre la baisse de l’estime de soi entraînant ce retard scolaire, la dyslexie est une difficulté d’apprentissage, notamment dans la lecture et l’orthographe.

La dyslexie peut entraîner de grands retards dans la scolarisation d’un enfant.  On décèle la dyslexie chez les sujets qui entament leur première année de lecture où l’apprentissage de cette dernière demeure ardu pour ceux qui en sont atteints.

Ces troubles du langage écrit sont internationalement reconnus et classifiés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est établi qu'ils concernent entre 8 % et 10 % des enfants qui fréquentent des classes ordinaires - troubles légers inclus - et qu'ils affectent 3 à 4 fois plus de garçons que de filles. Cette fréquence est stable dans l'histoire des données connues et atteint de la même manière toutes les populations. Les élèves dyslexiques doivent bénéficier d'un programme personnalisé d'orthopédagogie et, au besoin, d'orthophonie axé sur leurs forces, leurs faiblesses, leurs intérêts et leur style d'apprentissage. Dès la maternelle, une intervention peut être faite sur le plan phonologique, la phonologie étant le traitement des sons quant à leur fonction dans la langue. Quant à l'intervention de l'orthopédagogue, elle commence habituellement dès la première année scolaire afin de favoriser l'intégration du code écrit. Les interventions orthopédagogiques doivent être suffisamment intensives et durer une période de temps assez longue pour permettre à l'élève de développer ses capacités.

Extrait de « Les troubles d'apprentissage : comprendre et intervenir »
Auteures : Denise Destrempes-Marquez et Louise Lafleur
Éditions Hôpital Sainte-Justine, 1999

Élizabeth Nuyts a procédé à des recherches personnelles sur la physiologie du cerveau et sur les pédagogies scolaires. En analysant plus de 80 manuels scolaires français et près de 700 cas, elle est arrivée à des conclusions pour le moins incroyables.

Chaque enfant est différent. Les visuels s’ouvrent au monde par la vue, les kinesthésiques par le geste et les auditifs par l’ouïe. En tenant compte de cette différence, Élizabeth Nuyts a prouvé que la parole va jouer un rôle important chez chaque enfant.

«On pourrait penser qu’il suffit qu’un petit enfant ait de bons yeux pour voir, de bonnes oreilles pour entendre, des mains pour explorer le monde. Or, il lui faut aussi établir des connexions entre ses yeux, ses oreilles, ses mains et sa conscience pour pouvoir percevoir consciemment le monde. Et l’expérience m’a prouvé que ces connexions nécessitaient l’intermédiaire du langage, à un niveau ou un autre de l’entrée ou du traitement de l’information. Sans paroles, nous dit d’ailleurs le philosophe OUAKNIN, l’enfant pourrait certes percevoir le monde, mais celui-ci lui resterait extérieur. Pour éviter que l’enfant soit dépersonnalisé, il faut donc lui donner très tôt l’habitude de mettre en mots ses différentes perceptions. Il lui faudra parler pour voir, pour entendre, pour toucher, et pour manipuler consciemment. Parler encore pour lire et pour écrire, parler pour comprendre et pour mémoriser consciemment.», écrit-elle sans son rapport.

Source : Jeunes Plus.

Raonald D.Davis de Davis Dyslexia Association International a démontré qu’il existe 37 signes révélateurs de la dyslexie.

La plupart des dyslexiques manifestent une dizaine des signes et des comportements listés ci-dessous. Ces caractéristiques peuvent varier d'un jour à l'autre et même d'une minute à l'autre. Le paradoxe des dyslexiques est la cohérence au sein de leurs incohérences.

  • Apparemment brillant, intelligence supérieure à la moyenne, s'exprimant bien à l'oral, mais incapable de lire, d'écrire ou d'orthographier au niveau de sa classe.
  • Étiqueté paresseux, sot, peu soigneux, immature, « manque de travail » ou « problème de comportement ».
  • N'est pas suffisamment en difficulté pour justifier d'une prise en charge.
  • Bon QI, mais échoue aux évaluations en classe. Réussi mieux à l'oral qu'à l'écrit.
  • Se croit bête. À peu d'estime de soi. Dissimule ses faiblesses grâce à des stratégies de compensation ingénieuses. Niveau de frustration et de stress élevé face à la lecture et aux contrôles.
  • Doué pour les arts, le théâtre, la musique, les sports, la mécanique, l'art du conte, le business, les affaires, le design, la construction ou les métiers d'ingénieur.
  • Se disperse et rêve souvent. Se perd facilement et n'a pas la notion du temps qui passe.
  • À du mal à soutenir son attention. Peut paraître hyperactif ou absent.
  • Apprend plus facilement à travers la manipulation, les démonstrations, l'expérimentation, l'observation et les supports visuels.

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