Femme

L’art de choisir ses batailles

Ah! La superwoman! Celle qui réussit non seulement à tout faire, mais à tout réussir. Dire qu’on n’a pas voulu porter l’étiquette serait mentir. Mais qui a vraiment réussi le défi?

Atteindre l’inaccessible étoile

Elle performe au travail comme nulle autre, tout en élevant deux enfants en bas âge – qu’elle allaite encore... Sa maison est toujours propre et rangée : en fait, c’est sa maison que l’on voit dans le dernier numéro de Décormag ou Ma Maison. Elle mange bio, son mari mange bio, ses enfants mangent bio et ils adorent les légumes! Son profil Facebook est une véritable galerie de photographies, dont le titre est « Bonheur », avec une majuscule. Elle ne hausse jamais le ton, prépare soigneusement chacun des repas, des lunchs (même les collations sont faites maison!); elle s’implique dans le comité de parents et, bien sûr, prend soin de passer du temps de qualité en couple. En apparence, sa vie semble tellement plus chouette et réussie que la nôtre.

Pourtant, après avoir voulu lui ressembler, et après l’avoir détestée pour la peine, voilà qu’on s’aperçoit qu’il y a de plus en plus de fissures, dans sa carapace. La superwoman s’effrite, se désagrège, et on réalise enfin que ce modèle de perfection est non seulement inatteignable, il camoufle aussi de véritables tares. Pas la peine d’être frustrée ou déçue par nos performances, donc : il est préférable d’embrasser l’inévitable (qu’on appelle aussi « réalité ») que de tenter d’atteindre « l’inaccessible étoile ».

Quelques faits

La superwoman, à l’instar de toutes les autres mères, est fatiguée, après une nuit blanche. Les enfants les plus adorables du monde souffrent aussi de poussées dentaires, de sautes d’humeur, de caprices. Ils auront, comme tous les autres, des âges terribles où ils se transformeront en monstres. Qu’on se le dise : une maison où il y a des enfants est une maison qui ne reste pas en ordre plus de quinze minutes (et ça, c’est lorsqu’ils sont endormis!) Rien n’est parfait : ni les enfants, ni les couples et, surtout, pas les femmes.

Tout le monde fait de son mieux, et c’est amplement suffisant. Parce que, contrairement à ce qu’on peut penser, faire de son mieux ne veut pas dire « essayer de tout faire ». Il faut choisir ses batailles.

C’est d’ailleurs ce sujet qu’abordent les (Z)imparfaites (Nancy Coulombe et Nadine Descheneaux) dans leur dernier bouquin Assez, c’est assez!, parut à l’automne aux éditions Druide. Fini la culpabilité : la perfection est une idée dépassée, embrassons l’imperfection! Concrètement, ce que ça veut dire, c’est qu’il faut lâcher prise. Il est donc grand temps de faire des choix.

Choisir ses batailles

Dans les pages ce « guide du lâcher-prise », on retrouve une foule de conseils – jamais moralisateurs – pour nous aider à atteindre quelque chose qui pourrait s’apparenter au nirvana familial. Comme dans toutes démarches de changement, la première étape demeure l’acceptation. La vie avec des enfants, c’est différent. On ne peut pas penser arriver à tout faire comme avant. Le temps, celui qui nous manque toujours, est tout à coup précieux : de là l’importance de choisir ses batailles.

D’emblée, le concept peut paraître abstrait, mais il est tout simple. Par exemple, les (Z)imparfaites suggèrent d’arrêter de plier les débarbouillettes. Ces quelques minutes par semaine pourraient vous permettre de feuilleter votre magazine féminin préféré (le numéro d’il y a trois mois auquel vous n’avez toujours pas jeté un coup d’œil…) On accepte qu’il y ait de la poussière, sous le lit, des miettes sur le plancher de la salle à manger. On arrête de culpabiliser : la télévision peut, à l’occasion, être aussi efficace qu’une nounou. Une demi-heure devant Toupi et Binou, c’est une demi-heure pour faire le souper en toute tranquillité. Et, si vous optez pour la pizza (à l’occasion, ça ne fait de mal à personne), ce sera une autre demi-heure pour vous! Il n’est pas criminel de sauter le bain, une fois de temps en temps; même chose pour l’histoire du soir. Il n’est pas obligatoire d’avoir quelque chose de prévu tous les weekends : rien de prévu ne signifie pas nécessairement ne rien faire et, de toute façon, l’ennui occasionnel est extrêmement positif, puisqu’il stimule la créativité des enfants!

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