Papa

Qui prend congé aujourd’hui?

Lors de mon dernier article, je me suis un peu ouvert sur ma vie. J’ai parlé des difficultés que je vis au niveau des repas avec mes enfants. J’ai eu plein de réactions super positives.

Je me suis donc dit que j’allais continuer dans cette lignée. Je vais vous parler un peu de ma réalité… Ça me défoule et je me rends compte que je ne suis pas seul dans ma réalité. Sincèrement, c’est vraiment cool de lire vos commentaires qui me rassurent aussi dans ma « folie ». Cette fois, c’est relié au fait que je me suis demandé : « Qui prend congé aujourd’hui? ».

Comme plusieurs d’entre vous tous, je travaille. Je travaille pour payer la voiture, la maison, l’épicerie… et quelques folies. En fait, la réalité c’est que si j’étais seul à travailler, je n’aurais pas de petites folies. Mon épouse aussi travaille, pour les mêmes raisons. Nos salaires sont tous deux importants.

Comme plusieurs d’entre vous, j’ai des enfants. En fait, j’en ai trois. C’est donc implicite que je doive m’absenter du travail plus souvent qu’une personne seule. Justement, cette semaine, mon plus jeune a été malade.

« Papa, y’en a plus. »

Il était cinq heures du matin, et mon plus jeune vomissait, mais plus rien ne sortait. Il m’a regardé et m’a dit ça avec un air de confusion. C’était très troublant. Mon réflexe a été de me demander : « Qui va prendre congé aujourd’hui? »

C’était vraiment une réflexion que tous deux, mon épouse et moi, avons eue. Je le sais, parce qu’avant que je puisse dire quoique ce soit, mon épouse m’a informé qu’elle avait pris congé la dernière fois, et que cette fois, elle ne pouvait pas. C’était mon tour.

Mon épouse est engagée à contrat. À contrat, parce que de nos jours, les gens qui travaillent dans les entreprises gérées par le gouvernement ne sont plus engagées de façon permanente avant une décennie. C’est leur façon, je crois, de pallier à la réalité d’un syndicat qui a acquis trop de pouvoir. Dans tous les cas, elle est à contrat. Elle a donc un emploi précaire. Elle peut être mise à la porte facilement. Un peu comme une couche, on la change régulièrement en espérant qu’éventuellement on en aille plus besoin.

Prendre congé démontre qu’on est un « risque ». Prendre congé n’est pas super évident. En fait, engager une mère peut être considérée un risque, je pense. Mon épouse a déjà vu son poste aboli deux semaines avant son retour après son congé de maternité.

Mon fils s’est remis à vomir, sans que rien ne sorte. Je me suis dit :« Tant pis si mon employeur pense que je prends congé. Mon fils a besoin de moi. »

C’est là que je me suis rendu compte que j’étais un peu pathétique. Je vivais une culpabilité de manquer du travail. Une culpabilité, parce que j’allais être moins performant cette semaine-là. Une inquiétude que les autres allaient penser qu’encore une fois, à cause de mon enfant, je me suis permis un congé.

J’aime travailler

J’aime beaucoup travailler. J’aime sortir de la maison, et sentir que je m’accomplis dans quelque chose. J’aime moins le fait que mes enfants passent trop de temps dans une garderie. J’aime moins le fait que le soir et le matin, je suis pris dans un train roulant à 1000 km/h et que prendre le temps de profiter de mes enfants n’est pas tant possible, sauf pour les fins de semaine. Parc que je pars de la maison à 7h pour déposer les enfants à la garderie et arriver au boulot pour environ 8h15 (des fois 8h, des fois 8h30).

Je pars ensuite ramasser les enfants le soir et j’arrive à la maison vers 17h45 (des fois 18h00). On soupe, bain, devoirs et c’est déjà le dodo. Je n’ai pas vraiment profiter d’eux, non?

Je ne devrais donc pas me sentir coupable de rester à la maison et de m’occuper d’eux quand ils sont malades. Même si ça fait que je suis un peu moins au travail en comparaison au jeune de 20 ans. C’est ma réalité. Pourtant, je ne peux m’empêcher de sentir que ça fait « suer » mes comparses de travail si je manque une journée. C’est sûrement ce qui explique que les journées où on s’absente, ce sont les journées où on reçoit le plus de courriels ou de messages sur nos boîtes vocales. C’est peut-être une impression. C’est sûrement une impression.

La meilleure place

J’aimerais juste ne pas avoir à vivre de la culpabilité quand j’annonce aux ressources humaines que je manque, encore, pour mon plus jeune cette fois.

Non, la dernière fois, c’était le plus vieux. Cette fois-ci c’est le plus jeune. Oui, je sais qu’on doit livrer un « pitch » pour la semaine prochaine, je vais le finir. Oui, on peut faire une rencontre téléphonique. Est-ce que ça peut-être 13h30, pendant la sieste? Oui, je suis sur mes dossiers, mais on peut faire le tour rapidement si tu veux.

Le pire, c’est que moi, je suis chanceux, j’ai un patron qui comprend ma réalité, du moins, je pense. Je crois que je me mets de la pression à cause de l’entourage et de la société qui veut qu’on soit performant. Parce que je veux m’assurer d’offrir une vie qui est de mieux en mieux à mes enfants. Parce que je veux monter les échelons et avoir toujours une meilleure place au travail. Une meilleure place dans la société.

Pourtant, la meilleure place, c’est souvent à la maison. Des fois, avec un petit garçon fiévreux qui est collé sur toi et qui te dit « Je t’aime ».

Père de Gosses

Père de Gosses est un magazine en ligne qui touche tout ce qui intéresse les papas ! Fondé à l’été 2014, PdG fait de plus en plus d’adeptes, particulièrement en France et au Québec! Jean-Félix « JF » Maynard (cofondateur de PdG) et Jonathan Laberge seront heureux de pouvoir discuter avec vous sur peredegosses.comFacebook et sur Twitter!  

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