Papa

Devenir beau-père : un choix, une volonté et tout un défi!

Dans mon cas, je n’ai pris la place de personne. Notre entourage nous demande souvent si ma nouvelle copine était séparée lorsque je l’ai rencontrée. C’est une question légitime. Bien que ça semble changer la perception de notre entourage immédiat, ça ne change rien pour les enfants. Pour ces derniers, tu prends la place de papa. Tantôt on le ressent, tantôt non. Les enfants nous diront parfois : « Tu ne fais pas comme Papa? » Eh bien non, puisque je ne suis pas Papa.

Cette adaptation demande du temps, mais du temps le beau-père n’en a pas autant qu’il le voudrait. Le beau-père tente d’apprivoiser sa nouvelle vie, de créer l’espace avec sa copine et de composer avec les enfants. C’est beaucoup à faire, tout en même temps, en si peu de temps. Je deviens membre d’une famille recomposée, qui est par le fait même le fruit d’une famille décomposée, d’un tissu familial dont je ne connais rien avec plein de souvenirs, de fou rire, de voyage et de joies de toutes sortes que je ne partage pas. Je l’avoue, égoïstement, j’en suis parfois jaloux.

Est-ce qu'il y a un manuel ?

De plus, rajoutons à cela toute la gamme d’émotions que traverse ma conjointe devant la situation, la tristesse, regret, culpabilité, colère… Chaque membre de la famille vit différemment la séparation, l’éclatement de cette cellule familiale. Et le beau-père, en l’occurrence moi, ne sait pas comment agir. WOW!!! est-ce qu’il y a un manuel? Existe-t-il un BAC en « beau-pèrologie »? Qui peut nous aider à être un beau-père digne de ce nom?

Selon moi, il ne faut surtout pas précipiter les choses. On doit laisser le temps faire son ouvrage. C’est facile à dire, mais difficile à faire, puisque le beau-père n’a pas le contrôle sur l’agenda familial. Dans notre nouvelle vie, tout a déjà été établi. Il est vrai que pour certaines situations, c’est une grande chance, mais à l’occasion on peut se sentir exclu du cercle de décision. Heureusement, il y a des décisions moins importantes qui nous donnent l’occasion de nous affirmer et devant lesquelles notre conjointe repose sur nous.

Petit à petit

En résumé, prendre une place de beau-père ne se fait pas en un jour. Il faut construire ce rôle brique par brique. Il faut bâtir une confiance envers la mère, d’une certaine façon envers le père et surtout envers les enfants. Il faut faire preuve de tact, de discernement et d’abnégation. Mais croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle.

En conclusion, il faut garder à l’esprit que, bien malgré nous, il peut y avoir une sorte de compétition entre le beau-père et le père. Tous les deux aiment autant les enfants, mais d’une façon bien différente. Cette compétition relève d’une mauvaise définition du rôle du beau-père, mais surtout du fait que nous avons toujours peur de perdre notre place. Cependant, il y a suffisamment de place dans les cœurs de ces enfants pour nous tous. Il faut simplement les écouter et surtout ne pas les mettre dans une position de conflit. Leur vie est déjà assez difficile comme ça.

Une chose est certaine, si on me disait aujourd’hui : « Eh le gros, tu vas rencontrer une femme avec des flos », je répondrais : « Oui et j’en suis fier. J’ai une femme merveilleuse et j’apprends à vivre une vie fantastique ».

Par Étienne Boulrice

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