Papa

Le complexe d'Oedipe démystifié

« Quand je serai grand(e), je me marierai avec toi! ». Cette phase du développement, qui survient habituellement chez l’enfant entre 3 et 6 ans, est tout à fait normale. Pourquoi?

Si on entend cette phrase de la bouche de notre tout-petit, c’est qu’il vit présentement ce que Freud, un psychanalyste de renom, a nommé le complexe d’Œdipe. Cette phase du développement, qui survient habituellement chez l’enfant entre 3 et 6 ans, est tout à fait normale bien qu’elle ne se manifeste pas de la même façon chez tous les enfants. Voyons donc comment on peut réagir comme parent afin de mieux guider notre enfant dans cette période d’identification sexuelle.

En bref, le complexe d’Œdipe pourrait se définir par le désir d’un enfant d’être en relation exclusive avec le parent de l’autre sexe, l’autre parent devenant par conséquent un rival dans cet élan amoureux. Cet intérêt pour le sexe opposé se manifestera au tout début par la capacité, autour de trois ans, de différencier les garçons des filles et de nommer le sexe auquel il ou elle appartient. Le petit sera fier de dire qu’il est un garçon ou une fille. Plusieurs stéréotypes commenceront à s’installer chez chacun d’eux, allant des intérêts dans les activités - jeux de garçons, jeux de filles - à leurs goûts vestimentaires.

Pour le garçon comme pour la fille, c’est en imitant le parent du même sexe qu’il tentera de séduire le parent du sexe opposé. Il observe ses gestes, attitudes et habitudes et les reproduit. Par ce processus d’imitation, il solidifiera tout doucement son identité sexuelle, et comprendra peu à peu qu’il est un garçon ou une fille pour la vie, soit vers cinq ou six ans. C’est donc dire que cette période est cruciale dans la construction de sa personnalité!

Par contre, même si les enfants des deux sexes vivent tous cette phase œdipienne, les choses se passeront de façon un peu différente pour les garçons et les filles.

Les garçons et les filles : des enjeux différents

Pour le petit garçon, qui sort tout juste d’une période d’attachement intense avec sa maman, l’entrée dans la phase œdipienne est moins pénible que pour les filles puisqu’ils n’ont pas à changer « l’objet » de leur amour. La relation se poursuivra donc intensément avec sa maman, mais davantage sur un mode de séduction que sur le besoin affectif d’un tout-petit. Ainsi, le petit garçon essaiera de démontrer à sa mère qu’il est grand et fort, il sera particulièrement affectueux avec elle, allant même jusqu’à repousser son papa quand il se colle sur sa conjointe. On pourra même l’entendre dire que c’est lui l’amoureux de maman.

La petite fille de son côté doit en premier lieu apprendre à s’éloigner et se détacher de sa maman pour vivre son désir de fusion avec son papa. Et ce n’est pas chose facile tant pour elle que pour la mère. Car cette mère, qu’elle aime profondément malgré tout, devient en quelque sorte une rivale pour un temps, le temps que son identité en tant que fille se solidifie. Elle recherchera donc, par tous les moyens, l’attention et l’amour de son papa. Pour certaines, les comportements seront spectaculaires - coquetterie, désir constant de proximité physique avec papa, agressivité envers la mère -, alors que pour d'autres ça se fera plus en douceur.

Comment avoir une attitude aidante et gagnante

Même si cette période peut être difficile à traverser pour l'un des deux parents ou même les deux, l'attitude envers l'enfant est déterminante dans l'évolution du complexe d’Œdipe.

  • On valorise ses efforts d’identification sexuelle quand il ou elle veut faire comme papa ou maman. Plus notre enfant se sentira solide dans son identité de fille ou de garçon, plus la résolution de cette période de vie se fera de façon harmonieuse.
  • On met des limites face aux comportements de séduction exagérés. Ainsi, si la petite fille utilise une attitude provocante ou suggestive avec son papa ou si le garçon repousse son père et veut constamment se coller seul sur sa maman, on leur fait savoir de façon calme, mais ferme, que ce n’est pas acceptable.
  • On évite surtout de répondre de façon émotive aux réactions de rivalité de notre enfant. On lui explique qu’ils ne pourront pas marier papa ou maman parce que ça ne se fait pas entre un parent et son enfant.
  • On prend notre exemple personnel, que nous-mêmes n’avons pas marié leur grand-papa ou grand-maman. Qu’on a trouvé un amoureux une fois devenu grand et qu’il en sera de même pour lui.
  • On s’assure que notre enfant préserve un lien avec ses deux parents en alternant sa présence auprès de lui. Par exemple, on peut s’organiser pour que maman n’amène pas toujours fiston faire les courses avec elle ou que ce ne soit pas toujours papa qui lise les histoires à sa petite fille.

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