Grossesse/Maternité

Perceptions de la sexualité durant la grossesse

D’aucuns craignent de faire mal au bébé ou de provoquer une fausse couche s’ils ont des relations sexuelles. Pourtant, les relations sexuelles sont habituellement sans danger durant la grossesse.

« Nous sommes combien à ne pas vouloir imaginer nos parents faire l’amour? ». Voilà la question que pose Stéphanie Piché pour souligner son propos, à savoir que la sexualité a beau faire partie de la vie des parents, les gens sont mal à l’aise de voir ces derniers sous cet angle.

La perception

« Nous sommes dans le déni », dit Mme Piché, coordonnatrice de l’information chez Planned Parenthood Ottawa, en faisant allusion à cette image particulière de nos parents. « La façon dont nous pensons et parlons de la sexualité, et même les mots que nous utilisons pour la décrire, ont tous un impact sur l’image que nous avons de nous-mêmes et des autres en tant qu’êtres sexuels », renchérit-elle. « Il est important de ne rien présumer et de s’abstenir de porter des jugements, affirme Mme Piché. Quand on voit une femme enceinte, on doit se rappeler que toutes sortes de femmes peuvent avoir un bébé ». Il peut s’agir d’une hétérosexuelle, d’une lesbienne, d’une femme mariée ou d’une célibataire. Et, d’ajouter l’experte, tout comme il est possible d’avoir des relations sexuelles sans tomber enceinte, il est possible, de nos jours, de devenir enceinte sans avoir de relations sexuelles.

« La grossesse est perçue de plusieurs façons dans la société », d’indiquer Mme Piché. Il arrive que les adolescentes enceintes soient vues d’un mauvais œil et même stigmatisées. Quant aux hommes, ils perçoivent souvent leur partenaire enceinte comme une source de fierté et la preuve de leur virilité, affirme l’experte.

Les gens ont également des points de vue divergents à l’égard des relations sexuelles pendant la grossesse. Ceux-ci reflètent parfois des préférences personnelles reliées au niveau de confort des individus, d’autres ont rapport avec l’image corporelle et d’autres encore sont fondés sur des mythes ou des idées fausses, explique Mme Piché.

Les craintes

D’aucuns craignent de faire mal au bébé ou de provoquer une fausse couche s’ils ont des relations sexuelles. Ces craintes sont répandues, et ce, tant chez les hommes que chez les femmes. Par contre, affirme l’experte en planification familiale, les relations sexuelles sont habituellement sans danger durant la grossesse, à moins d’être déconseillées en raison de risques particuliers pour la santé. Les femmes doivent parler à leur médecin en cas de saignement ou si elles ont des antécédents familiaux de fausse couche, insiste Mme Piché. « Environ 80 % des fausses couches se produisent durant le premier trimestre et sont rarement causées par les relations sexuelles ou l’orgasme ».

L’orgasme comme cause de fausse couche est un mythe qui serait né du fait que les contractions utérines que provoque l’orgasme sont plus évidentes durant la grossesse. Certains experts du domaine de la santé sont d’avis que l’orgasme pourrait poser un faible risque de travail prématuré pendant le troisième trimestre. L’orgasme incite le corps à libérer une hormone appelée ocytocine, laquelle joue un rôle dans le déclenchement des contractions lors du travail. Il se peut que les relations sexuelles soient déconseillées aux femmes appartenant à un groupe à risque élevé pendant cette période.

D'autres facteurs

Les fluctuations hormonales, le stress et les questions liées à l’image corporelle sont autant de facteurs qui influent sur la libido des femmes enceintes. Le premier trimestre est associé à une baisse de la libido en raison de facteurs tels que la fatigue, la nausée, la sensibilité mammaire et les changements corporels. L’estime de soi peut également être un facteur, fait valoir Mme Piché. « Certaines femmes n’aiment pas grossir. Elles se sentent moins belles et ont peur de déplaire à leur partenaire ». Il reste, cependant, que certaines femmes se sentent soulagées à l’idée de « ne plus avoir à faire l’amour », notamment si elles vivent des expériences susceptibles d’abaisser la libido tels qu’une conception difficile, des changements hormonaux, des stress financiers ou d’autres préoccupations.

Femmesensante.ca

Cet article est fourni par les spécialistes de la santé des femmes du Women’s College Hospital. Pour en savoir plus sur la santé des femmes, consultez : Femmesensante.ca. © 2000-2013 Women's College Hospital.

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