Désir d'enfant

Comprendre les spécialités en fertilité

Les gens qui ont des problèmes de fertilité ont des tonnes de questions. Toutefois, les réponses qu’ils obtiennent peuvent apparaître contradictoires et causer de la frustration. Pourquoi?

Savoir qui vous lisez, à qui vous parlez

Lors de notre premier article, nous avons insisté sur la complexité du phénomène de la reproduction et sur la nécessité d’être prudent avec les mots « stérilité » et « infertilité ».

Nous allons poursuivre l’exercice de formation et de vulgarisation qui va vous amener à affronter les questions de fertilité avec assurance. Pour avoir la bonne réponse, il faut savoir à qui poser la question. Alors, comprendre la différence entre biologiste, biochimiste, microbiologiste et médecin est très pratique pour poser vos questions et pour apprécier nos futurs articles. Allons-y!

La biologie

Les biologistes sont des scientifiques experts à comprendre les mécanismes qui expliquent la vie et son évolution. Les deux prémisses du biologiste sont :

  • certains des individus mieux adaptés auront plus de succès à se reproduire que d’autres;
  • la descendance est différente des parents.

À cause de cela, l’espèce change de génération en génération. Ils appellent ce changement : « évolution ». Étudier la reproduction est au cœur de la biologie. Aucune autre discipline n’y met autant d’emphase. La biologie cellulaire des spermatozoïdes, des ovules et des embryons est abordée dès les premiers cours du biologiste.

  • Baccalauréat de 3 ans (B.Sc.), cours théorique et labo;
  • Maîtrise de 24-30 mois (M.Sc.), recherche fondamentale, terrain/labo;
  • Doctorat de 3e cycle, de 3 à 6 ans (Ph. D.), recherche fondamentale, terrain/labo.
Un biologiste comprend que la pression de sélection pour la qualité du sperme est relativement faible chez l’humain comme chez plusieurs primates. Il est normal que le taux de conception soit plus faible qu’une autre espèce comme l’orignal par exemple chez qui il y a un court rut saisonnier et qui n’a pas de partenaire exclusif. La conception peut prendre un peu de temps chez l’humain et ça fait partie de notre héritage biologique.
La biochimie

Les biochimistes sont des scientifiques à double tranchant : chimie et biologie. Ils sont des chimistes spécialisés dans la chimie qui se produit dans le corps humain. Ils comprennent profondément la constitution des atomes, comment les atomes s’associent pour constituer des molécules et comment les molécules réagissent ensemble. Un biochimiste peut, simplement en voyant le dessin d’une molécule, savoir si elle va se dissoudre dans l’eau! Ils connaissent bien les protéines, les glucides, les lipides, l’ADN et les autres macromolécules. Ils sont tout simplement imbattables dans l’étude

  • des enzymes
  • du métabolisme
  • des hormones
  • le contrôle de l’expression des gènes

La biochimie clinique est une spécialité de la biochimie. Ce sont les seuls spécialistes du Québec (CSPQ) qui ne sont pas médecins ou dentistes. Le biochimiste clinique dirige et supervise un laboratoire médical de biochimie pour s’assurer de la qualité et l’interprétation des analyses effectuées sur le sang, l’urine, le sperme et autres liquides biologiques qui aident aux diagnostics médicaux.

  • Baccalauréat, 3 ans (B.Sc.), cours théorique et labo;
  • Maîtrise, 24-30 mois (M.Sc.), recherche fondamentale, surtout labo;
  • Doctorat de 3e cycle, de 3 à 6 ans (Ph. D.), recherche fondamentale, surtout labo;
  • Diplôme d’études postdoctorales en biochimie clinique (DEPD), 2 ans, pratique en laboratoire médical et cours théoriques.
Les biochimistes cliniques, comme experts dans la compréhension du fonctionnement des hormones et du métabolisme, sont des joueurs clefs que les médecins consultent indirectement en vous donnant des prescriptions d’analyses médicales.
La microbiologie

Les microbiologistes sont des scientifiques spécialisés essentiellement dans l’étude des bactéries, des virus, des champignons unicellulaires et de certains parasites pouvant faire partie des protistes ou même du règne animal. Les microbiologistes sont imbattables à identifier une souche de bactéries et à en comprendre les caractéristiques. Les vrais rois à comprendre les antibiotiques, c’est eux. Rapidement pendant leur formation, les microbiologistes apprennent les raisons qui expliquent la sensibilité de certaines espèces de bactéries à certains virus. Ils sont très à l’aise en clonage moléculaire, un procédé où on utilise des bactéries pour reproduire des copies d’un gène qu’on veut étudier. Certains pratiquent dans les domaines alimentaires qui nécessitent la culture (fromage, bière, yogourt, etc.)

  • Premier cycle : baccalauréat de 3 ans (B.Sc.), cours théorique et labo;
  • Deuxième cycle : maîtrise de 24-30 mois (M.Sc.), recherche fondamentale, terrain/labo;
  • Troisième cycle : doctorat de 3 à 6 ans (Ph. D.), recherche fondamentale, terrain/labo.

Les microbiologistes sont aussi des professionnels qui travaillent beaucoup en laboratoire, mais à titre de biologiste des micro-organismes, plusieurs font du terrain.

En fertilité, les microbiologistes sont les experts qui peuvent effectuer des recherches et découvrir différentes souches de bactéries qui peuvent causer des occlusions tubaires comme Chlamidya trachomatis. De leurs recherches, on gagne des modes de prévention des infections, de nouvelles méthodes pour diagnostiquer et de nouvelles méthodes de traitement.
La médecine

Les médecins sont les experts de l’application des connaissances à la santé humaine. Contrairement aux trois autres disciplines, leur formation n’est pas basée sur la recherche scientifique en laboratoire, mais sur l’application de l’ensemble des découvertes faites en biologie, microbiologie, biochimie, et ce, dans le diagnostic, le traitement ou le support aux différentes maladies. Les médecins sont les super-mécaniciens du corps humain. Le laboratoire et la recherche scientifique restent, pour une majorité d’entre eux, un monde inexploré.

  • Doctorat de 1er cycle, 4-5 ans (M.D.), cours théorique et stage de pratique médicale (externat);
  • Spécialisation, 5 ans, (médecin spécialiste), résidence en milieu hospitalier, recherche clinique.

Après leur spécialisation, les médecins font également un « fellow » (stage) de quelques mois dans un domaine particulier. La plupart des médecins qui travaillent dans les cliniques de fertilité sont des médecins spécialistes (gynécologues-obstétriciens, urologues, endocrinologues) qui ont fait un « fellow » en fertilité.

Des réponses différentes : c’est bien normal

Alors voilà! Certains éléments qu’un médecin considère comme très importants peuvent être complètement inconnus d’un biologiste et inversement. Ce n’est pas une question de compétence ou de contradiction. C’est tout simplement la formation qui est différente. Le succès du couple repose souvent sur la capacité de ces professionnels à travailler ensemble.

Quoi faire

Si vous avez une question, il faut vous demander si elle concerne plus la biologie de l’être humain, du spermatozoïde ou de l’ovule (biologie), l’aspect fonctionnel chimique du corps humain (biochimie), l’influence d’infections, la présence de micro-organismes (microbiologie), ou les méthodes de travail pour diagnostiquer et traiter les patients efficacement (médecine). De cette façon, vous aurez plus de facilité à trouver votre réponse. Il est à noter que les pharmaciens et les psychologues ont des formations particulièrement utiles pour le champ de la fertilité également. Nous y reviendrons.

Il est possible d’en apprendre plus sur les professions en se rendant sur ces sites web :

Mathieu Boilard
Ph.D. biologiste, président chez Nasci Biologie Médicale Inc.

Dr Boilard est biologiste et père de trois enfants. Il a obtenu un doctorat en recherche fondamentale du Centre de Recherche en Biologie de la Reproduction de l’Université Laval. Ce travail a été reconnu par une bourse post-doctorale du Conseil de Recherche National en Science et Génie du Canada. Il a œuvré en recherche toute sa carrière dans le domaine de la biologie cellulaire des spermatozoïdes. Il décide en 2011 de fonder Nasci Biologie Médicale Inc. : un laboratoire qui utilise des technologies de biologie cellulaire parmi les plus avancées du monde pour mieux identifier les problèmes de fécondité chez l’homme.

Lyne Massicotte
Ph.D., CSPQ Biochimiste clinique, vice-présidente et directrice de Nasci Biologie Médicale Inc

Dre Massicotte est biochimiste clinique et mère de trois enfants. Elle a obtenu son doctorat en recherche fondamentale du Centre de Recherche en Biologie de la Reproduction de l’Université Laval après avoir travaillé pendant 7 ans sur des aspects comme le développement de nouveaux protocoles de stimulation ovarienne, la maturation des ovules, la fécondation et le développement embryonnaire in vitro. Elle a travaillé intensivement sur la biochimie des protéines présentes dans l’ovule et l’embryon. Elle a par la suite fait des études universitaires de 4e cycle à la faculté de médecine de l’Université de Montréal pour devenir biochimiste clinique. Elle co-supervise le laboratoire médical de biochimie à l’Hôpital Pierre-Boucher de Longueuil. Elle dirige également le laboratoire médical de Nasci Biologie Médicale Inc.

Infolettre




Cette semaine
Parents divorcés - comment survivre au temps des Fêtes?

Vivre un Noël en « garde partagée » n’est pas simple, ni pour le cœur ni pour le casse-tête d’organisation qu’il exige. Voici des pistes pour survivre à cette période émotionnellement forte.

Choisir un cadeau de Noël non violent

Le rêve de tout parent est, bien sûr, de trouver enfin LE jouet. Celui qui fera briller de joie les yeux de l’enfant lorsqu’il ouvrira son cadeau et avec lequel il pourra jouer pendant des heures...

Les préparatifs de Noël

Avez-vous déjà commencé vos préparatifs de Noël? Vous avez les petits calendriers de l'Avent pour les enfants? Eh oui, on est déjà en mode préparation parce qu'on aime cette fête familiale!

Le temps en famille et les traditions

En raison de nos vies souvent frénétiques, il est difficile de s’arrêter pour passer du temps en famille à moins qu'une occasion spéciale comme un anniversaire, Noël ou Pâques ne nous y oblige!

Commentaires

Infolettre



Suivez-nous
Facebook Twitter Pinterest Instagram